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Entretien avec Guy Armand Balcilia Beninga

Guy Armand Balcilia Beninga est Président de la Fédération Centrafricaine de Badminton. 

guy armand balcilia

Comment est née votre passion pour ce sport ?

Merci pour l’occasion que vous me donnez pour parler du sport centrafricain en général et du badminton en particulier.

Ma passion est née du fait que très jeune j’accompagnais ma grande sœur (paix à son âme) au terrain parce qu’elle est athlète (100m dames) et qu’elle a représenté la RCA aux Jeux Olympiques de Barcelone 1992. C’est pendant ces Jeux de 1992 que le Badminton fera son entrée dans la famille olympique. À son retour, elle est revenue avec une paire de raquette et voilà le début de l’aventure.

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir Président de la Fédération Centrafricaine de Badminton ?

En tant que pratiquant de cette discipline qui n’a pas eu la chance d’être professionnel, je me suis dit pourquoi ne pas encadrer les jeunes qui espèrent faire carrière dans cette discipline. Et c’est aussi l’occasion de  faire la promotion et vulgariser cette discipline en Centrafrique.

Quel est l’état actuel du badminton centrafricain ? Combien avez-vous de clubs et de pratiquants ?

Le badminton centrafricain se porte bien sauf que les derniers évènements qu’a connus la Centrafrique ont vraiment fragilisé les activités de la Fédération. Nous avons un réel problème d’infrastructures sportives en RCA, le seul gymnase qui nous permet de travailler est proche d’un camp de cantonnement des ex rebelles (Seleka). Du coup les parents ne veulent pas laisser les enfants venir s’entrainer. Il a fallu du temps pour convaincre les parents et les athlètes. La fédération compte aujourd’hui 10 clubs et une centaine de licenciés toutes catégories confondues.

À quelle place se situe le badminton centrafricain en Afrique ?

Pour parler de la place du badminton centrafricain au niveau continental, il faudra engager notre équipe nationale à des compétitions mais jusque-là, nous n’avons pas encore eu la chance de le faire, faute de moyens financiers.

Comment se situe le badminton par rapport aux autres sports en Centrafrique ?

Laissez-moi vous dire que le badminton est méconnu du public centrafricain mais nous sommes à pied d’œuvre dans les actions de promotion et de vulgarisation de ce sport.

Quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer ?

Primo, comme je l’ai dit juste avant, c’est un problème d’infrastructure sportive. En second lieu, ce sont les moyens matériels et financiers car vous savez, le gouvernement ne subventionne pas les fédérations sportives et dans un pays en crise, il est difficile de trouver des sponsors.

Quels sont vos projets pour le développer ?

Nos projets pour le développement du badminton en Centrafrique reposeront sur le badminton scolaire. Une fois que nous aurons instauré le badminton dans le milieu scolaire, au moins chaque élève entendra  parler de cette discipline et dans les quartiers et les départements la population découvrira cette discipline. En plus, le badminton scolaire nous permettra de déceler des nouveaux talents à travers les championnats scolaires et universitaires.

Comment voyez-vous l’avenir de ce sport dans votre pays et plus largement en Afrique ?

Je peux vous dire que le badminton sera dans l’avenir un sport qui fera la gloire de la RCA parce que nous avons beaucoup de jeunes et vraiment des petits qui vont grandir dans le badminton. Vous savez, il y a de cela 5 ans, aucun africain n’était engagé dans les grandes compétitions mais là, maintenant, les Nigérians, Sud-africains sont toujours présents aux grands rendez-vous du badminton. Donc en un mot, dans deux ou trois ans l’Afrique va surprendre le monde.

Comment percevez-vous la création de l’Association Francophone de Badminton ?

L’Association Francophonie de Badminton (AFB) a pour objectif de  prendre des initiatives pour la promotion et pour la pratique du badminton dans les pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Donc pour moi, c’est  une très bonne occasion pour nous d’inscrire le badminton aux Jeux de la Francophonie et aussi  de favoriser l’esprit d’amitié et d’assistance mutuelle entre ses membres. À ce niveau, les fédérations fortes apporteront assistance à celles qui sont faibles. En plus, vous savez que le français fait partie des langues officielles du badminton mais la plupart des documents de la fédération internationale sont écrits en anglais ce qui pose un problème de compréhension et d’exploitation pour beaucoup de pays francophones. La création de l’AFB va résoudre ce problème.

 

Pour plus d’informations sur le badminton en Centrafrique, voici le site de la Fédération Centrafricaine de Badminton : http://www.badminton-rca.org/.

L’AFB remercie le Président Guy Armand Balcilia Beninga pour sa disponibilité.

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