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4 questions à Loukmann SAID EL HADI (Comores)

Loukmann SAID EL HADI, a été élu Président de la Fédération Comorienne de Badminton, fédération qui était encore en construction lorsque nous l’avons interviewé le 5 mars 2021.

1. Pouvez-vous vous présenter ?

« J’ai été diplômé du Brevet d’État d’éducateur sportif en France où j’ai été entraîneur de handball au niveau régional, mais aussi au niveau national comorien pour l’équipe féminine de mon pays. J’ai été Conseiller municipale de la Ville du Mans (France), délégué départemental du Cercle de la Diversité de la Sarthe et j’ai exercé le poste de Conseiller Technique à la Culture, à la Jeunesse et aux Sports auprès de l’île Autonome d’Anjouan en Union des Comores. Aujourd’hui, je suis 3e adjoint au maire de la commune de Domoni sur l’île Anjouan (Comores), Président de l’Institut Comorien pour la Formation des Elus, en plus d’être à la tête du projet de structuration du badminton. »

2. Vous êtes Président du Comité de structuration du badminton aux Comores, comment a été lancé ce projet? 

« Il y a un an, avec un groupe de réflexion de 15 personnes constitué de handballeurs, volleyeurs, footballeurs et basketteurs, nous avons lancé ce grand projet autour du badminton aux Comores. C’est un projet ambitieux projet qui a pour but de promouvoir le badminton aux Comores, en faire un sport social de communauté, accessible à tous au même titre que le football, sport le plus populaire de l’archipel, en commençant par lancer l’activité, familiariser les Comoriens avec ce qu’est le badminton, sport inconnu pour beaucoup, et de créer une fédération. 

Ce projet a avancé grâce au contact régulier avec le ministère des sports des Comores, avec le CNO Comorien, mais aussi grâce à la Confédération Africaine de Badminton par le biais de son Secrétaire Général, Sahir EDOO, ainsi que de la BWF.  Dernièrement nous avons pris contact avec la Fédération Française de Badminton et l’AFB afin d’avoir un soutien technique, pour savoir comment gérer l’orientation de la formation technique d’entraîneurs, de dirigeants, d’arbitres, etc. C’est un projet qui est parti de zéro, tout était à faire et aujourd’hui nous sommes dans la phase finale de la création d’une fédération. Une assemblée générale élective du bureau exécutif de la future fédération devrait avoir lieu au cours du mois. »

3. Vous dîtes que vous êtes parti de zéro pour ce projet. Quel est la place du badminton aux Comores et selon quelle est la ligne à suivre pour y développer ce sport ?

« Oui nous sommes partis de rien avec ce projet. Pour beaucoup de Comoriens, le badminton est un sport complétement inconnu. Nous sommes loin du football ou du hand. La tâche n’est pas simple car contrairement à eux, le badminton requiert un certain nombre d’équipements, raquette, volant, filet, qui rend la mise en place d’un tel sport plus compliqué. Il faut des moyens matériels, c’est indispensable. Nous comptons à ce jour 8 clubs support de badminton répartis sur les trois îles. C’est un projet ambitieux mais nous approchons tout doucement de notre but aussi grâce au travail commun des Présidents de tous les clubs fraîchement créés.

Pour mener à bien ce projet la ligne à suivre est claire, il faut travailler le projet au niveau de la jeunesse grâce à l’introduction du Badminton dans les programmes scolaires pour faire découvrir ce sport, nous sommes d’ailleurs en contact avec les fédérations scolaires. Le badminton est un sport inclusif, il est accessible à tout le monde, sans distinction. En introduisant ce sport à l’école on peut développer le loisir de la pratique du badminton, attiser la curiosité et enfin attirer des futurs badistes dans les clubs en vue de détecter des talents et peut-être même de  créer une élite dans l’espoir d’une participation aux jeux de l’Océan Indien en 2023. Le chemin est long, mais l’ambition est là. »

4. Dernière question, quelle est la place de la francophonie aux Comores ?

« La Francophonie a une place importante aux Comores, le français est une des langues officielles de l’archipel, et, est encore une des langues les plus utilisées, à l’école, dans les médias. La proximité avec d’autres îles francophones de l’Océan Indien, comme Mayotte, Madagascar, Maurice ou La Réunion renforce cette importance linguistique ; c’est pourquoi prendre contact avec l’AFB semblait logique, voir essentiel. »

Olivier BIME & Loukmann SAID EL HADI, FFBad, 5 mars 2021

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